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EARTH VS. THE FLYING SAUCERS
LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT






LE MONSTRE VIENT DE LA MER ayant connu un confortable succès, la même équipe de production se réunit pour emballer un nouveau titre de science-fiction : LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT. On retrouve ainsi Charles H. Schneer au poste de producteur avec, en tant qu'"Executive Producer", Sam Katzman. A nouveau, le film est distribué par le grand studio Columbia. Pour trouver l'idée de ce film, Schneer s'inspire d'une psychose américaine de l'époque : les soucoupes volantes, objets que de plus en plus de personnes prétendent avoir vu. Harryhausen, responsable des effets spéciaux, et Curt Siodmak, scénariste, rencontrent alors des "spécialistes" des OVNI tels que George Adamski afin de se documenter. Surtout, ils étudient l'ouvrage "documentaire" et prétendument authentique "Le dossier des soucoupes volantes", livre rédigé par le major Donald E. Keyhoe, grand pionnier de l'ufologie, et crédité comme source du scénario au générique !

Fait relativement exceptionnel dans la carrière de Ray Harryhausen, il n'anime ici aucun monstre, se contentant de restituer les déplacements des soucoupes volantes (animés image par image) et les séquences de destruction. Si on trouve bien des extraterrestres, dont l'aspect est créé par Harryhausen, ceux-ci sont interprétés par des acteurs en costumes. La réalisation des SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT est confié à Fred F. Sears, réalisateur de titres à petits budgets travaillant alors sur des longs métrages financés par Columbia. Ainsi, cette même année 1956, il signe THE WEREWOLF, mélange de science-fiction et d'horreur produit par Sam Katzman, ainsi que ROCK'N ROLL (mieux connu sous son titre anglophone ROCK AROUND THE CLOCK), film fondateur du mouvement musical Rock !

Le docteur Marvin, un ingénieur oeuvrant dans l'aérospatial, cherche à comprendre ce qui détruit les fusées qu'il envoie dans l'espace. La réponse va se matérialiser sous la forme d'une soucoupe volante, habitée par des extraterrestres, qui atterrit au coeur du complexe top secret où il travaille ! Les aliens débarquent et exécutent sans pitié tous les scientifiques au moyen de rayons désintégrateurs. Seul Marvin et son épouse parviennent à en réchapper. Rapidement, les envahisseurs malveillants exigent que les humains leur abandonnent la planète Terre et se rendent sans condition, sans quoi ils raseront la ville de Washington !

Lorsque LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT sort en salles, la production de film de science-fiction atteint une certaine apogée, même si les gros succès commerciaux du genre vont commencer à se raréfier. De plus en plus, l'anticipation tombe aux mains des producteurs de séries B. Ainsi, LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT se contente de reprendre, avec moins de moyens, la trame de l'invasion planétaire qui avait fait le succès du film LA GUERRE DES MONDES, trois années auparavant. Dès lors, contrairement au film de Byron Haskin, il n'est plus question de Technicolor ou de vastes décors urbains… LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT est d'ailleurs une opportunité, pour Ray Harryhausen, de faire sa propre version de "La guerre des mondes", lui qui, aux alentours de 1950, tenta en vain de mettre sur pied une adaptation de ce roman.

Si les envahisseurs de LA GUERRE DES MONDES étaient totalement belliqueux et impitoyables, ceux des SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT s'avèrent plus ambiguës. La première échauffourée entre eux et les humains semble la conséquence d'un malentendu, les terriens n'ayant pas pu décrypter à temps un message pacifiste envoyé par les extraterrestres. Ceux-ci disent venir en paix et souhaitent s'installer sur notre planète pour fuir leur astre d'origine, lequel est devenu inhabitable. Toutefois ces êtres "amicaux" utilisent des méthodes brutales, en porte-à-faux avec leurs paroles : destructions (d'un destroyer américain ainsi que de son équipage) et chantage à la destruction font partie de leur arsenal "persuasif". Enfin, quand les terriens découvrent que ce peuple d'outre espace dispose, à bord de ses soucoupe, d'un moyen de voler le contenu des cerveaux humains, aucun doute n'est plus permis : ces extraterrestres sont bien nos ennemis !

LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT souffre de quelques tares idéologiques, tout du moins aux yeux des spectateurs d'aujourd'hui : il est américano-centriste comme il n'est pas permis de l'être (le centre de la Terre, c'est Washington !), indéniablement paranoïaque et certainement va-t-en guerre ! Ces points de vue se retrouvent, synthétisés dans le personnage du docteur Marvin, héros du film qu'interprète Hugh Marlowe. Ce comédien fut un second rôle dans de nombreuses productions de prestige et apparut notamment dans des oeuvres de science-fiction telles que CHERIE, JE ME SENS RAJEUNIR ou, surtout, LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA, classique de l'anticipation tourné quelques années auparavant. Un extraterrestre s'y rendait à Washington à bord d'une soucoupe volante, accompagné d'un robot (robot dont s'est sans doute inspiré Harryhausen pour les scaphandriers de ses extraterrestres). Autant d'idées dont se sont sans doute inspirées les créateurs de LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT !


Peu convaincant en scientifique, Hugh Marlowe dessine un personnage plutôt agressif semblant tellement se réjouir d'en découdre avec les aliens qu'il en devient antipathique ! Autre faiblesse du film, les extraterrestres eux-mêmes, pratiquement toujours emmitouflés dans leurs scaphandres, paraissent franchement disgracieux, pour ne pas dire cocasses.

Heureusement, LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT a aussi des qualités. La première d'entre elles est sans doute son rythme. L'action commence au quart de tour, les soucoupes volantes se manifestent très tôt et l'action ne faiblit jamais. Par ailleurs, les scènes mettant en scène les soucoupes volantes sont toujours très réussies et paraissent provenir d'un film à très gros budget. Les affrontements aériens (lesquels utilisent parfois des stock shots de catastrophes réelles !) et l'attaque de Washington s'avèrent ainsi de spectaculaires tours de force. Ces séquences justifient à elles seules l'acquisition de ce film pour tout amateur de science-fiction et - ou de Ray Harryhausen.

Nerveux et parfois spectaculaires, LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT ne manque toutefois pas de faiblesses, la faute sans doute à une intrigue se reposant trop sur des succès antérieurs (LA GUERRE DES MONDES, LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA) et sur le sensationnalisme, aujourd'hui désuet, de son sujet. Reconnaissons lui le mérite, fondamental pour un long métrage, de n'être jamais ennuyeux !

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20 MILLION MILES TO EARTH
A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE






Après la sortie des SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT en 1956, Ray Harryhausen, spécialiste des effets spéciaux, et son producteur Charles H. Schneer décident de concevoir un nouveau film de science-fiction en s'appuyant sur un sujet écrit par Harryhausen en 1953, après le succès du MONSTRE DES TEMPS PERDUS. Il s'agit de THE GIANT YMIR, une histoire supposée se dérouler en Europe, continent où le maître des trucages rêvaient d'aller faire un séjour ! Finalement, le film se voit baptisé 20 MILLION MILES TO EARTH (A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE dans notre pays) et est tourné entre l'Italie et la Californie.

Charles H. Schneer souhaite voir plus grand que pour ses précédentes collaborations avec Ray Harryhausen (LE MONSTRE VIENT DE LA MER et LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT). Toujours soutenu par Columbia, il fonde Morningside Movie, sa propre compagnie de production, et veut tourner en couleurs. Mais l'animateur refuse, arguant que la pellicule couleur de l'époque n'est pas encore de suffisamment bonne qualité pour permettre des effets spéciaux satisfaisants.

Pour la réalisation, le tandem choisit Nathan Juran, lequel s'est déjà illustré dans le domaine du fantastique (fantaisie orientale avec LA LEGENDE DE L'EPEE MAGIQUE, science-fiction avec LA CHOSE SURGIT DES TENEBRES…). Pour tenir le rôle principal, on s'oriente vers William Hopper, un comédien abonné aux seconds rôles (LA FUREUR DE VIVRE de Nicholas Ray, LA MAUVAISE GRAINE…) qui vient de tourner dans plusieurs films de science-fiction (LA CONQUETE DE L'ESPACE, LA CHOSE SURGIT DES TENEBRES…).

Une fusée américaine s'écrase au large de la Sicile. Des pécheurs parviennent à sauver deux astronautes qui se trouvaient à son bord avant que l'aéronef ne coule dans la Méditerranée. Quelques heures plus tard, un petit garçon du village découvre un tube sur une plage, tube contenant un étrange objet visqueux. En fait, le vaisseau spatial revient d'un voyage sur la planète Vénus et cette "chose" est un cocon extraterrestre !

Avec A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE, Harryhausen persévère dans la voie tracée par LE MONSTRE DES TEMPS PERDUS, LE MONSTRE VIENT DE LA MER et, dans une certaine mesure, LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT. Des créatures d'origine science-fictionnelle (animal préhistorique, extraterrestre…) viennent semer la destruction dans une grande ville terrienne, ce qui donne lieu à de spectaculaires séquences de trucages. Quant au reste du métrage, il se voit comblé par des discussions entre militaires et scientifiques, très occupés à chercher des solutions pour contrer les dangers venus d'ailleurs.

A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE maintient donc les bonnes vieilles traditions. Le clou du film et sa raison d'être semblent son dénouement dans lequel le Vénusien s'évade du zoo de Rome et s'échappe en détruisant tout sur son passage. Entre les apparitions du monstre, il faut hélas se coltiner des bavardages entre officiers américains et italiens, séquences s'avérant aussi platement interprétées que filmées. Nathan Juran se contente, dans ces moments là, d'assurer le plus strict minimum.

Mais, A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE se rattrape en permettant à Ray Harryhausen de laisser enfin éclater son génie d'animateur. Si dans ses films précédents il faisait déjà preuve d'une maîtrise technique parfaitement assurée, il va ici passer à la vitesse supérieure en donnant vie au Vénusien. Celui-ci apparaît d'abord comme un être minuscule surgissant d'un cocon fait de gélatine (un œuf en gelée ?). Au contact de l'atmosphère terrestre, il grandit à une vitesse accélérée, doublant pratiquement de taille chaque nuit. Être écailleux, à mi-chemin entre un humanoïde et un dinosaure, ce personnage ne se montre a priori pas agressif. Pourtant, à force d'être attaqué par des humains et des animaux, il se montre de plus en plus dangereux.


Expressivité des gestes et du visage, naturel des postures et des mouvements, crédibilité des déplacements et de l'anatomie : autant de facteurs décisifs que Ray Harryhausen maîtrise à la perfection, créant ainsi une créature authentiquement fantastique, mais aussi authentiquement vivante. Il faut bien le dire : elle est plus attachante que les acteurs en bois qu'elle croise au cours de ses pérégrinations. Les scènes d'anthologie sont nombreuses. Le Vénusien affronte un éléphant, réduit en des tas de décombres certains des plus beaux monuments de Rome et investit le Colisée vingt ans avant le petit dragon, Bruce Lee, et Chuck Norris ! Pour Ray Harryhausen, A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE marque un tournant décisif. Le Vénusien s'avère une réussite majeure et un pas significatif dans la direction que prendra par la suite la carrière de ce maître incontesté du Monster Movie !

Après A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE, l'équipe Schneer-Juran-Harryhausen se reforme pour signer un film d'aventures nous plongeant dans l'univers des 1001 nuits : LE SEPTIEME VOYAGE DE SINBAD, lequel rencontre un énorme succès. Dès lors, les productions de Schneer-Harryhausen vont aller essentiellement dans la direction de la fantasy et, quand ils reviendront à la science-fiction (L'ILE MYSTERIEUSE et LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE), ce sera pour de l'anticipation rétrospective dans le style de 20.000 LIEUES SOUS LES MERS.

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LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA
THE DAY THE EARTH STOOD STILL


Un vaisseau spatial vient se poser à Washington. Aussitôt, la soucoupe est entourée d'un périmètre de sécurité par l'armée pendant que les badauds affluent et que l'information se répand à travers le monde.

En plein milieu des années 50, la guerre froide et la montée du MacCarthyisme aux Etats-Unis s'est déjà bien installée. Le cinéma fait ainsi la part belle aux peurs de ses contemporains en appliquant des menaces communistes déguisées sous la forme d'extraterrestres en provenance de la planète rouge. LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE en est un parfait exemple et de nombreux films continueront dans cette voie par la suite comme par exemple L'INVASION VIENT DE MARS. Et pourtant, LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA prend une direction surprenante puisque l'extraterrestre est très différent des belliqueuses créatures habituelles.

Klaatu, puisque c'est son nom, n'a pas de tentacules et n'a que deux yeux. L'homme de l'espace nous ressemble en tous points et se présente même de façon pacifique à des militaires qui n'ont pas envie d'écouter son message. Le climat paranoïaque accroît la peur envers l'inconnu, que ce soit dans la population mais aussi et surtout au niveau des autorités. Klaatu n'a pas sa carte du parti communiste et, à vrai dire, il n'est pas venu pour dépatouiller les différends politiques de notre bonne planète. D'ailleurs, lorsqu'un secrétaire d'état essaye de lui faire un petit cours de géopolitique simplifiée, Klaatu lui fait bien comprendre que ces histoires de querelles intestines ne l'intéressent pas. Au contraire, il est venu pour délivrer un message à l'humanité toute entière et non pas à une sélection de personnalités "politiquement correctes" pour l'époque.

La menace rouge plane dans LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA mais de façon assez ironique. Par exemple, lors d'un petit déjeuner, une dame sous-entend que l'homme de l'espace ne vient pas de… l'espace mais bel et bien "d'on sait d'où" ! Des tas de petits détails et allusions qui finissent par broder le portrait d'une Amérique en pleine paranoïa confrontée à un extraterrestre qui n'en demandait pas tant ! Mais LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA s'amuse aussi à prendre à revers le cliché de l'énergie atomique. Diabolisée, la peur de l'atome est au centre du récit mais le message est nuancé, contrairement à nombre de films où les radiations provoquent catastrophes et émergences de monstres géants. L'atome est donc bel et bien destructeur, faites gaffe, mais on nous y explique aussi que l'énergie atomique peut avoir des bienfaits.

Le message délivré par LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA pourrait être à présent vieillot puisque le film accuse ses cinquante années. Et pourtant, il est toujours d'actualité. Les informations d'aujourd'hui, et probablement de demain, nous montrent l'être humain s'adonner à la guerre, à la haine et à la violence. Qu'en sera t'il une fois que nous aurons dépassé les frontières de l'atmosphère terrestre ? Difficile à dire, surtout si l'on survit jusque-là, qu'il y ait des extraterrestres ou non n'est finalement pas l'important !










Robert Wise est accompagné de Nicholas Meyer pour commenter le film dans son intégralité. Deux réalisateurs qui en viennent forcément à aborder des sujets assez éloignés des anecdotes habituelles. Par moments, en effet, les deux hommes se mettent à discuter de leurs techniques de travail (les répétitions, etc…) ce qui pourra surprendre et décevoir puisqu'il n'y a pas toujours un rapport avec LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA. Néanmoins, il faut peut-être souligner que ce commentaire audio ne date pas d'hier. Il était en effet proposé sur un Laserdisc sorti aux Etats-Unis il y a pas mal d'années déjà. Cette même édition Laserdisc contenait d'ailleurs un documentaire d'environ une heure vingt, où toute l'histoire du film était abordée. D'où, peut-être, un commentaire audio moins précis que ceux habituels, mais dont la complémentarité avec le documentaire devenait parfaite. Toutefois, l'édition française du DVD ne propose pas du tout le documentaire, alors que celui-ci est bel et bien présent sur le DVD américain. Sa suppression étant sûrement due au fait que le disque européen, puisqu'il est prévu pour être vendu dans une demi douzaine de pays, est double couche et empêche l'inclusion du documentaire sur la seconde face du disque à moindre coût.

Dans le commentaire audio, Robert Wise vient inévitablement à parler, sous l'impulsion de Nicholas Meyer, de ses débuts au sein de la RKO, tout en évoquant, sur la séquence de l'ascenseur, sa collaboration avec Val Lewton avec qui il tournera deux films fantastiques. La suite de LA FELINE, c'est à dire LA MALEDICTION DES HOMMES CHATS, mais aussi l'excellent RECUPERATEUR DE CADAVRES avec Boris Karloff. Rapidement, divers sujets sont abordés comme l'acteur se trouvant dans le costume de Gort ou les autres choix possibles concernant l'acteur principal (Claude Rains ayant été pressenti !) ou alors l'évocation rapide de la présence de Sam Jaffe qui fut par la suite sur la liste noire du McCarthyisme. Plutôt ironique lorsqu'on le voit quelques années auparavant dans ce film ou mieux incarnant carrément le Dalaï Lama dans HORIZONS PERDUS de Frank Capra.

Autre raison probable, un tel documentaire se doit d'être sous-titré. Mais aucun des suppléments présents sur le DVD ne propose de sous-titrage. Que ce soit la bande-annonce ou les actualités de l'époque. Le commentaire audio ne bénéficie pas non plus des sous-titres. Tout du moins, il nous a été totalement impossible de les activer en français. La FOX nous ayant habitués à afficher les sous-titrages directement en fonction de la configuration du lecteur de DVD (voir PHOTO OBSESSION ou VORACE), nous avons donc fait en sorte que tout soit correct mais rien à faire ! Par contre, sur le menu des sous-titrages, vous trouverez une option pour afficher des sous-titres sur le commentaire audio mais… en anglais !

Les actualités d'époque nous donnent un petit aperçu sur ce qui se passait en 1951, de sujets sérieux, la guerre de Corée, à des considérations plus légères comme l'élection d'une Miss. Au milieu, on apprend, en une poignée de secondes, que LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA s'est vu remettre un prix lors d'une convention de science-fiction. Un petit bonus qui rappelle, à ceux qui ne le savaient pas, que le cinéma présentait des informations. Avec l'avènement de la télévision, cette pratique a disparu petit à petit, tout comme les dessins animés, les courts métrages ou même des spectacles sur scène. En fait, seules les réclames, les publicités, continuent de passer dans les salles de cinéma de nos jours. La façon de fréquenter les salles ayant de toutes façons largement changé !


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L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR
CREATURE FROM THE BLACK LAGOON


Après la découverte d'un fossile, une expédition se rend en Amazonie pour y débusquer des trouvailles archéologiques. La créature que vont trouver les chercheurs n'a pourtant rien de fossilisée !

LA MOMIE s'inspirait de la découverte du tombeau de Toutankhamon et L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR suit un peu le même chemin dans l'inspiration archéologique comme vous allez pouvoir le constater. Cela commence de façon plutôt farfelue par un dîner ou William Alland apprend d'un cinéaste sud-américain l'existence de créatures mi-hommes mi-poissons au fin fond de l'Amazonie. Aussitôt rentré chez lui, il laisse vagabonder son imagination sur cette étrange affirmation et en tire un synopsis dont il assurrera la production et dont le scénario sera retravaillé plus tard par d'autres scénaristes plus chevronnés. Ces derniers vont injecter la découverte d'un fossile qui fait allusion à un fait réel. Celui de la découverte du coelacanthe, une espèce présumée disparue depuis des milliers d'années avant que l'on n'en découvre un vivier dans l'archipel des Comores. Ce qui nous amène tout naturellement au postulat de départ de L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR.

L'enthousiasme n'est pas partagé par tout le monde. Que ce soit Harry Essex, l'un des scénaristes à qui l'on confie la réécriture, ou Julie Adams, l'actrice principale. L'idée même de travailler sur un tel film ne les emballe pas, particulièrement l'actrice qui s'aperçoit qu'elle va tourner dans un film portant le nom de L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR. Mais à ce moment-là, Hollywood fonctionne toujours avec un système de contrat qui attache la plupart des techniciens ou acteurs aux différents studios. En gros, ils n'ont donc pas trop le choix ! En dépit de ces a priori, L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR n'est pourtant pas une série Z et le film est même devenu un véritable classique du genre. Jusqu'à engendrer deux suites LA REVANCHE DE LA CREATURE et LA CREATURE EST PARMI NOUS dont on peut voir des extraits dans le documentaire inclus sur le DVD.

Le film reprend en grande partie le thème qui revient le plus dans la série des films d'épouvante de la Universal. Celui de LA BELLE ET LA BETE ou de l'amour impossible. Cela reprend d'ailleurs aussi en gros la trame de KING KONG avec lequel le film partage beaucoup de points communs. Une expédition découvre une créature qui tombe sous le charme d'une charmante personne. Pour L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR, on ne saurait la blâmer puisque la belle passe son temps à nager en tenue sexy (pour l'époque) dans les eaux claires de son lagon. La créature finit d'ailleurs par esquisser un ballet aquatique plutôt poétique à son insu que beaucoup considèrent de manière bien peu innocente puisque suggérant l'acte sexuel, ce que vous pourrez découvrir dans le documentaire. Cette histoire de créature aquatique est aussi une réflexion sur l'homme face à la nature puisque la fameuse bête à écailles n'est en fait pas du tout maléfique. Au contraire, a l'issue du métrage et à force de la voir évoluer dans les eaux de son habitat où des hommes la traquent, elle finit par attendrir de la même façon que le gros gorille pouvait se transformer en victime de l'humanité dans KING KONG. La filiation avec KING KONG est d'ailleurs avouée dans le commentaire audio...

Pour mettre en scène L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR, on fait appel au réalisateur Jack Arnold qui a réalisé quelque temps auparavant LE METEORE DE LA NUIT pour Universal. Ce film comporte d'ailleurs, en plus de l'acteur principal et du producteur à l'origine du projet, un point commun avec L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR ce qui a du faire pencher la balance en sa faveur, à savoir l'utilisation du relief sur lequel nous reviendrons plus tard. Il embrayera ensuite sur LA REVANCHE DE LA CREATURE mais surtout TARANTULA et, son plus grand film qui parle de l'infiniment petit, L'HOMME QUI RETRECIT. Après ces titres de gloire, il réalisera encore quelques films tels que LA SOURIS QUI RUGISSAIT (dont la suite est LA SOURIS SUR LA LUNE) avant de se tourner à part entière vers la télévision.


Pour revenir sur le relief, LA CREATURE DU LAC NOIR est le premier film (et le seul ?) qui se soit vu diffuser à la télévision française en 3D à la grande époque de "La Dernière Séance" d'Eddy Mitchell. Ce qui ne fut pas sans poser quelques menus problèmes pour se procurer les lunettes à même de reproduire l'effet tridimensionnel. Paré de celle-ci, le soir de la diffusion, il faut bien avouer que ce fut loin de remplir tous les espoirs. Sur le DVD qui nous est proposé, le film est présenté en version plate. Dénué de relief ! Nous aurions apprécié ce petit "plus" surtout que depuis, les techniques vidéo permettent d'obtenir des images de grande taille à la maison plus à même de reproduire l'effet désiré !






!

En s'adonnant aux joies du commentaire audio , l'historien Tom Weaver nous donne un maximum d'informations sur L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR. Aucun temps mort et c'est à un rythme soutenu qu'il enchaîne sur les acteurs, le réalisateur, la technique ou diverses anecdotes. Un petit bonheur pour tous les fans de la créature du lagon noir.

Le documentaire n'est pas en reste puisqu'en plus de nous parler des séquelles, il revient sur la création du film avec des interviews récentes de Julie Adams et divers historiens qui sont manifestement des spécialistes dans le domaine de la créature amphibie. C'est ainsi que l'on peut apprendre la genèse artistique de la créature, qui serait inspirée à la base du fameux Oscar, récompense suprême du cinéma américain, agrémenté d'écailles et de branchies. L'opportunité de découvrir une première créature recalée avant de se voir remodeler le visage pour obtenir la version définitive. Une petite partie nous parle aussi du tournage en relief et des problèmes posés lors des projections. Un bon petit documentaire duquel on ressort tout content avec l'impression de connaître l'essentiel sur un film devenu culte !

Comme tous les autres titres de la collection, les notes de production et filmographies des éditions américaines se sont fait la malle pendant leur traversée de l'Atlantique. Ne reste plus, à l'arrivée, que la bande-annonce d'origine accompagnée d'une petite galerie d'affiches et photos d'époque.



Article ajouté le 2007-11-15 , consulté 12 fois

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