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Après une folle poursuite, Van Helsing terrasse le Comte Dracula avant de décéder à son tour. Un siècle plus tard, à Londres, des hippies dont la petite fille de Van Helsing décident pour s'amuser d'organiser une messe noire au sein d'une vieille église…

A la Hammer Films, il n'est pas question d'oublier le personnage de Dracula qui conserve une aura assez forte auprès du public et des financiers potentiels. Après LES CICATRICES DE DRACULA, il est donc décidé de trouver de nouvelles pistes à explorer pour ce personnage. Parmi les idées avancées, on pense transposer le personnage de Bram Stoker en Inde. La Hammer Films voit surtout l'opportunité d'aller dépenser sur place l'argent des financiers étrangers qui sont bloqués à l'intérieur des frontières de l'Inde à cette époque. DRACULA IN INDIA, titre vaguement évoqué, sera enterré même si l'écriture ou l'évocation de lieux de tournage spécifiques sont avancés. La Warner va trancher en proposant de financer une transposition de Dracula à notre époque, ou plutôt à celle des années 70. A la même période, les suceurs de sang vont ainsi connaître les joies du confort moderne avec en tête de fil, dès 1970, COUNT YORGA distribué avec un certain succès aux Etats-Unis et auquel l'AIP ne manquera pas de donner une suite avant de produire BLACULA.

L'écriture du scénario est confiée à Don Houghton qui ne livre pas une histoire exceptionnellement inventive. En gros, le film va recycler quelques éléments de UNE MESSE POUR DRACULA avec un disciple du vampire qui organise une messe noire à même de ramener parmi nous Dracula. Les films précédents de la série n'apportaient pas non plus des intrigues très développées mais les décors et les costumes donnaient leur charme à ces métrages. Dépourvu de son décorum victorien habituel, le personnage va donc entrer de plain-pied dans un Londres peuplé de hippies insouciants évoluants au son d'une musique vaguement rock. En partant de ce postulat, il était évident que Christopher Lee n'oserait pas montrer le bout de ses canines dans un tel outrage à Bram Stoker. Pourtant, après avoir fustigé sans cesse les Dracula produits par la Hammer Films, affirmant déjà sur les films précédents qu'il n'en tournerait plus, Christopher Lee reprend tout de même du service. Autre surprise, Peter Cushing interprète de nouveau Van Helsing alors qu'il n'avait pas joué le rôle depuis LES MAITRESSES DE DRACULA. La réalisation est confiée à Alan Gibson qui avait réalisé auparavant LE MANNEQUIN DEFIGURE et travaillé sur la série télévisée JOURNEY TO THE UNKNOWN toujours pour le compte de la Hammer Films. Enfin, la productrice de télévision Josephine Douglas, fraîchement arrivée au sein de la maison de production britannique, s'essaie pour la première fois à un métrage de cinéma.

Van Helsing et Dracula, ainsi que leurs acteurs respectifs, ne se sont pas rencontrés au cinéma depuis le premier film de la série (LE CAUCHEMAR DE DRACULA). Jusqu'ici, les films de la série reprenaient là où s'était arrêté le précédant mais cela s'avère plus ou moins difficile. En effet, le scénario nécessite d'évoquer un contentieux entre les deux personnages ce qui oblige donc à tourner un prologue narrant leur dernier affrontement avant de nous transporter en 1972. Le film sera tourné sous le titre DRACULA TODAY que la production changera finalement en DRACULA A.D. 1972. En raison de sa sortie plus tardive en France, le titre sera encore légèrement altéré pour devenir DRACULA 73. Comme déjà dit, le scénario va donc s'inspirer quelque peu de UNE MESSE POUR DRACULA. On y retrouve par exemple le mélange des cendres du défunt vampire avec du sang au milieu d'une messe noire prenant comme cadre une église en ruine. Rien de très neuf à l'horizon, on remplace les notables par des hippies mais les motivations sont relativement les mêmes. Les jeunes des années 70 où les vieux du siècle précédent sont en mal de sensations. Le scénariste Don Houghton va même jusqu'à utiliser le pseudonyme un peu éculé de « Alucard » pour l'un de ses personnages, c'est à dire « Dracula » à l'envers. Un nom utilisé à maintes reprises au cinéma depuis les années 40 et LE FILS DE DRACULA.

Le déroulement du film va donc suivre une recette toute simple. Dracula revient à notre époque et décide de se venger des Van Helsing. Le descendant de la lignée du fameux chasseur de vampires va éliminer Dracula. C'est tout ! Au milieu, il faudra donc suivre les errances de la police et de nombreux dialogues qui comblent la durée du film. Il faudra aussi supporter les incohérences du scénario parmi lesquels la relation obscure entre le pieu dans le sol et les restes du vampire mélangé avec du sang pour sa résurrection. En fait, on retiendra principalement les apparitions de Christopher Lee dans une église en ruine. Pour le reste, il faudra attendre les dernières vingt minutes pour que l'action se réveille de manière à nous présenter l'affrontement final tant attendu. On notera une idée lumineuse du scénariste qui s'avère plutôt ridicule à l'écran. Les vampires craignent l'eau vive et on ne manquera donc pas d'assister à la douche mortelle d'un vampire dans une baignoire !

En plus des deux vétérans que sont Christopher Lee et Peter Cushing, le film va aussi mettre à l'écran deux jeunes femmes radieuses. A ce moment là, Caroline Munro vient de signer, fait rare, un contrat avec la Hammer Films (alors qu'elle ne tournera à l'arrivée que deux films pour eux). Elle intègre donc le casting pour un petit rôle. Mais c'est Stephanie Beacham, moins connue, qui va interpréter le personnage bien plus important de Jessica Van Helsing. Malgré les mœurs très libérées de nos hippies des années 70, le film sera fort sage en matière de nudité. La Hammer Films avait pourtait fait preuve d'un peu plus de hardiesse avec THE VAMPIRE LOVERS ou encore COUNTESS DRACULA peu auparavant. Au final, DRACULA 73 manque vilainement de mordant d'autant que les séquences horrifiques paraissent, elles aussi, bien sages si on les compare avec celles des CICATRICES DE DRACULA.

L'arrivée de nos jours du Comte Dracula ne se fait pas sous les meilleurs auspices. Ce n'est pas grave, la Hammer Films n'hésitera pas, très vite, à rappeler Christopher Lee, Alan Gibson et Don Houghton pour DRACULA VIT TOUJOURS A LONDRES. Sur un scénario un peu plus inventif, le film va manquer cruellement de moyens. Don Houghton écrira enfin une ultime aventure de Dracula pour la Hammer Films avec le très curieux LES SEPT VAMPIRES D'OR. Bizarrement, juste après DRACULA 73, Don Houghton avait proposé un scénario de film qui ne se fera pas. THE SAVAGE JACKBOOT aurait ainsi mis en scène Peter Cushing en sadique officier nazi adepte du fouet.

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LA FEMME SUR LA LUNE
DIE FRAU IM MOND






Après être devenu la risée du monde scientifique en raison de ses théories, le Professeur Manfeldt vit dans la pauvreté. Pourtant, ses connaissances ne font pas rire tout le monde. Bien au contraire, son ami Helius croit dans son projet de voyage lunaire alors que dans le même temps une mystérieuse organisation essaie de voler les documents du Professeur Manfeldt.

Au début du XXème siècle, l'exploration spatiale au cinéma se résume à l'envoi d'ogives à coup de canon vers le ciel. Peu sérieux, LE VOYAGE DANS LA LUNE est ainsi un chef de fil qui s'attache à suivre de loin les écrits de Jules Verne ou H.G. Wells en matière d'aventures lunaires. Fritz Lang décide quant à lui de prendre une voie plus scientifique après avoir lu un livre de Hermann Oberth, l'un des précurseurs en matière de fusée. LA FEMME SUR LA LUNE va ainsi devenir le premier film spatial reposant sur des fondements réalistes même si l'avenir démontrera que la science avait encore des progrès à faire. Lorsque le film sort en 1929, aucun homme ou satellite n'a encore été envoyé dans l'espace. En effet, il faudra attendre la fin des années 50 pour que le premier satellite soit mis en orbite autour de la Terre.

LA FEMME DANS LA LUNE débute à la manière d'un serial naviguant entre le policier et l'espionnage. Un genre dans lequel Fritz Lang a déjà oeuvré auparavant. La première partie du film, se déroulant sur Terre, va surtout nous conter une lutte d'influences qui mènera au financement de la première expédition vers la lune. Les plans et notes du Professeur Manfeldt sont tout d'abord la cible de tentatives de vol par une équipe de criminels très bien organisés menée par le mystérieux Turner (Fritz Rasp). Ce dernier est un roi du déguisement ce qui donne l'occasion de voir une incroyable scène où il change de visage en un tour de main (littéralement). Toute cette partie du film n'est ainsi pas sans rappeler DOCTEUR MABUSE avec ses vols, filatures et chantages. Il faut dire que la lune est plutôt attractive puisque la présence de gisements d'or en grande quantité fait partie des théories du Professeur Manfeldt.

Film muet, LA FEMME SUR LA LUNE n'en demeure pas moins d'une grande modernité dans sa narration. Dès les premières minutes du film, Fritz Lang amène des flash-backs de manière très réussie en utilisant divers artifices. C'est par ce biais que l'intrigue nous sera progressivement dévoilée et que nous en apprendrons plus quant à la triste fin (faim ?) du Professeur Manfeldt. Il en ira de même pour la deuxième partie du film qui s'intéressera à proprement parler au voyage lunaire. Fritz Lang semble vouloir un peu casser la tradition des intertitres amenant les dialogues du film. A plusieurs reprises, des indications ne seront donc pas placer sur les intertitres mais directement dans l'image pour en décupler la force. D'une caverne, le mot «Or» est ainsi hurlé et s'échappe de façon animée à la manière d'une bande dessinée. Il en sera de même pour le monologue d'un présentateur radio qui se répandra auprès de ses auditeurs. La littérature populaire, dessinée ou pas, est d'ailleurs présente dans LA FEMME SUR LA LUNE au travers d'un enfant qui apprécie les aventures de science-fiction. Mais l'utilisation la plus percutante d'indication placée directement à l'image se fait lors du compte à rebours précédant le lancement de la fusée. Inventé seulement pour augmenter le suspense de la séquence, ce compte à rebours sera repris ensuite de manière très officielle par ceux qui vont lancer de véritable fusée dans l'espace quelques années plus tard !

Novateur, LA FEMME SUR LA LUNE va aussi l'être en présentant toutes sortes de concepts qui vont perdurer par la suite dans la conquête spatiale. Le film nous montre, par exemple, une fusée déplacée lentement sur une lourde plate-forme pour l'amener sur son aire de lancement, l'évocation d'un carburant liquide ou encore la séparation de la fusée en plusieurs étages. Après le décollage de la fusée, ses occupants vont découvrir l'apesanteur et les spectateurs pourront voir quelques aménagements permettant aux voyageurs de l'espace d'évoluer à l'intérieur de la capsule (fixations au sol, poignées…). Evidemment, certaines données techniques vont s'avérer erronées. Par exemple, l'atmosphère de la lune ne ressemble en rien à celle décrite dans le film. Rien de rédhibitoire pour autant puisque si le film s'attache à dépeindre une certaine vérité scientifique, LA FEMME SUR LA LUNE garde tout de même tout du long un ton «serial», en marge de la réalité, que ce soit dans un triangle amoureux (la femme sur la lune en fait partie) ou bien avec une inévitable traîtrise.

A l'évocation du nom de Fritz Lang, on pense inévitablement à ses films les plus connus de METROPOLIS à DOCTEUR MABUSE en passant par LES NIBELUNGEN pour ne rester que dans le domaine du muet. Pourtant, LA FEMME SUR LA LUNE est une très belle réussite qui sait allier narration romanesque avec connaissance scientifique de la meilleure façon qui soit. De nos jours, cette aventure spatiale mérite largement une redécouverte.

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Au pôle Nord, un pilote emmène des scientifiques à la recherche d'un engin qui se serait écrasé dans les parages. Après avoir découvert la soucoupe qui n'a rien de terrestre, ils vont ramener à leurs baraquements un bloc de glace contenant l'un des occupants provenant d'un autre monde…

Généralement, le nom d'Howard Hawks amène en premier lieu le souvenir du Western, du film de guerre ou de gangsters. On citera, parmi tant d'autres, RIO BRAVO, SERGENT YORK ou SCARFACE. Mais Howard Hawks s'est illustré dans la plupart des genres dont l'aventure, la comédie mais aussi la science-fiction avec CHERIE, JE ME SENS RAJEUNIR ou LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE qui se rattache tout autant au cinéma d'épouvante. Mais avant de devenir un film, l'histoire provient d'une nouvelle de John W. Campbell Jr. titrée «Who Goes There ?». Auteur passionné de science-fiction et rédacteur en chef de l'influent magazine Astounding Science Fiction, il oeuvra pour le genre en publiant les premières histoires d'écrivains alors inconnus comme Robert Heinlein, Isaac Asimov ou encore Theodore Sturgeon. C'est d'ailleurs dans ces pages que Howard Hawks lit la nouvelle de Don A. Stuart, pseudonyme de John Campbell pour certains de ses écrits, et en fait l'acquisition en vue de l'adapter. L'histoire sera réduite finalement à l'essentiel et revu par Howard Hawks mais aussi par Charles Lederer et Ben Hecht, des scénaristes déjà associés au cinéaste par le passé. A l'arrivée, la créature n'a plus sa spécificité qui lui permettait de changer de forme mais conserve une approche relativement sérieuse et rigoureuse de son sujet.

Avant d'être l'affrontement entre l'humanité et une créature extraterrestre, LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE s'attache à ses personnages. Et si l'acteur Kenneth Tobey revêt le blouson d'aviateur d'un attachant héros, le récit met surtout en avant les efforts d'un groupe de personnages coincé dans une station polaire et isolé par une tempête. Cet effort de groupe aurait sûrement pâti de l'aura paranoïaque d'une créature qui aurait pu s'infiltrer parmi ses membres, c'est sans doute l'une des raisons qui amènera Howard Hawks à se débarrasser de la particularité de la créature originale. Si la narration est souvent décontractée, le film ménage assez bien les séquences de tension où la chose entre en scène. Sa première apparition, à l'ouverture d'une porte, fonctionne toujours aussi bien cinquante ans après sa réalisation et il en va de même pour l'impressionnant passage où la créature s'enflamme littéralement ! Plutôt que de garder continuellement sa chose à l'écran, le film ménage ses quelques entrées fort réussies jusqu'à l'affrontement final.

C'est lors de cette dernière rencontre que l'on assistera à la splendide naïveté d'un personnage qui pensait sûrement être dans LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA ou THE MAN FROM PLANET X, sortis tous les deux la même année. La chose qui vient d'ailleurs n'a manifestement pas l'envie de tergiverser à l'instar des martiens qui vont atomiser un ecclésiastique dans LA GUERRE DES MONDES de Byron Haskin. C'est sûr, les extraterrestres ne sont pas forcément nos amis cela ne va pas s'arranger dans les années qui vont suivre où les êtres venus d'une autre planète seront souvent le centre de métrages xénophobes stigmatisant un anticommunisme primaire. On peut déjà le détecter dans LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE. A commencer par un scientifique qui fait passer l'importance d'une découverte scientifique au-dessus de la survie du groupe, autant traduire que l'individu doit se sacrifier à l'intérêt commun(iste). Bien évidemment, cet homme de science n'apparaît pas sous son meilleur jour surtout face à des militaires qui travaillent, pourtant en commun, à la survie de chacun. Les intérêts des deux partis ne sont pas les mêmes et ces dissensions apportent un surplus dramatique non négligeable au récit. De la même façon, l'intrigue respire grâce au personnage de Margaret Sheridan et à sa relation avec Kenneth Tobey. Mais pour en revenir sur l'aspect « anticommuniste », il est surtout appuyé et évident dans le speech alarmiste prétant quelque peu à sourire de nos jours.

Si la renommée de LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE n'est plus à faire, c'est en raison de son aspect bougrement sympathique mais aussi parce que le film imposait un schéma qui sera repris à de nombreuses reprises dans le cinéma de science-fiction. A savoir la lutte entre une poignée d'êtres humains face à une créature dans un lieu relativement restreint limitant toute échappatoire. Ici, c'est donc une base polaire dont l'extérieur empêche la survie et l'action pourrait donc très facilement se déplacer sur une autre planète. Par la suite, on trouvera donc inévitablement des équipages de vaisseaux spatiaux aux prises avec des passagers clandestins ou des bestioles belliqueuses, par exemple dans le IT ! THE TERROR FROM BEYOND SPACE de Edward Cahn, qui sont les dignes héritiers du film de Howard Hawks et Christian Nyby.

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Nous sommes en 1888 lorsque le quartier populaire londonien de White Chapel plonge dans l'horreur : Une prostituée vient d'être sauvagement assassinée en pleine rue, sans que le meurtrier n'ait pu être aperçu. La presse s'empare de cette terrifiante histoire et la police, incarnée par l'inspecteur O'Neill de Scotland Yard, ne progresse pas. C'est alors qu'arrive un confrère américain qui se met en tête d'aider à résoudre cette mystérieuse enquête…

Si Jimmy Sangster fut dès 1949 assistant réalisateur pour la célèbre société Hammer Films Production, c'est bien le poste de scénariste qui le rendit célèbre. L'homme se trouve en effet être à l'origine de véritables petites perles comme FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE, LA REVANCHE DE FRANKENSTEIN ou encore LE CAUCHEMAR DE DRACULA… Très prolifique à la fin des années 50, Sangster cumule les contrats et accepte de s'atteler à la rédaction d'un nouveau script à tendance horrifique pour le compte des producteurs/réalisateurs Robert S. Baker et Monty Berman. L'idée est bien entendu de surfer sur la vague Hammer qui déferle alors, en utilisant toutefois une figure issue d'un répertoire autre que fantastique. L'heureux élu sera Jack l'éventreur, assassin rendu célèbre par la barbarie de ses actes et son habileté à se défaire des forces de police. Habileté si remarquable qu'il ne sera d'ailleurs jamais pris…

Il n'en faut pas plus pour faire naître un mythe. Journalistes, romanciers puis cinéastes donneront alors leur version de cette triste histoire et, bien entendu, leur théorie quant à l'identité du tueur. Selon vos lectures et/ou visionnages, Jack l'éventreur deviendra donc un peintre, un médecin franc-maçon, un policier revanchard, un charlatan devenu toubib, un négociant ou même une sage-femme ! Autant d'identités, toutes fondées sur une série d'éléments concrets, qui permettront d'entretenir la légende de celui qui est aujourd'hui connu comme étant le premier tueur en série authentifié comme tel.

Jimmy Sangster suit lui aussi la voie de la spéculation et se propose d'offrir sa propre hypothèse en se basant sur les indices peu nombreux mais bien réels, rendus publics au fil des années. Ainsi, la nature chirurgicale des coups portés laisse à penser que le monstre était un homme ou une femme oeuvrant dans le milieu médical en tant que médecin ou assistant. Cet élément pris en compte, Sangster croque assez rapidement une série de personnages dont les activités sont liées, à différents niveaux, à l'exercice de la médecine. Nous disposons dès lors d'une poignée de suspects malheureusement plus ou moins crédibles. Robert S. Baker et Monty Berman choisissent en effet de «grossir» le trait en faisant de ces quelques personnages des hommes extrêmement typés, tant au niveau du tempérament que sur le pur plan physique. Les suspects deviennent dès lors des «caricatures» d'assassins parmi lesquelles trouver l'identité du véritable tueur ne sera qu'un jeu d'enfant…

Un jeu qui donnera toutefois du fil à retordre aux deux héros du métrage : Les inspecteurs O'Neill et Lowry. La présence de ce duo dénote là encore d'une certaine «prise de liberté» de la part de Sangster. En effet, l'arrivée d'un policier américain dans ce contexte historique purement britannique a de quoi surprendre et, pourquoi pas, choquer. L'importance accordée à ce personnage et la relative aisance avec laquelle il démasquera le tueur, faisant ainsi la nique à Scotland Yard, semble en effet relever de la démarche commerciale plus que d'un choix artistique. L'objectif d'alors était sans aucun doute de flatter le public d'outre-atlantique mais au final, ce détail qui n'en est pas un fait perdre au film tout crédit « historique » et, par voie de conséquence, tout crédit quant aux hypothèses énoncées… Un choix d'autant plus regrettable qu'il n'apporte en réalité rien à l'histoire et que les techniques d'investigation américaines ne sont à aucun moment confrontées aux techniques anglaises.

Difficile d'ailleurs de parler d'«investigation» tant la simplicité de l'enquête a de quoi laisser perplexe. Les meurtres s'enchaînent à intervalles réguliers, les suspects potentiels nous sont dévoilés et subitement, alors que l'histoire ne semblait pas progresser, le dénouement nous apporte une solution radicale et pour tout dire dénuée de véritable fondement… La présence de Jimmy Sangster au scénario n'apporte donc pas le petit «plus» tant espéré et, pire, aurait même tendance à décevoir. Le tâtonnement de la police est rapidement traité, l'importance de la presse dans l'affaire est survolée et l'identité du tueur importe au final très peu. La cruauté même des crimes ne trouve par ailleurs écho que lors des descriptifs «médicaux» qui nous serons fais. En effet, les quelques séquences de crime s'avèrent très peu démonstratives et les sévices infligés aux victimes semblent davantage relever de la strangulation que de l'éventration... N'allez pas croire cependant que les scènes de meurtres sont inefficaces car nous tenons là le véritable point d'orgue du film : L'ambiance.

En effet, si le métrage de Baker et Berman ne brille en aucun cas lorsqu'il s'agit de nous confronter à une enquête tangible ou même intéressante, force est de constater qu'il excelle en revanche dans la retranscription d'un Londres populaire et glacial. Les deux réalisateurs (en charge de la photographie de leur film) nous entraînent donc dans les ruelles étroites et humides d'un White Chapel lugubre, halitueux et terriblement contrasté. A la lumière crue des éclairages publics vacillants succède ainsi l'inquiétante obscurité d'où peut surgir, à chaque instant, l'assassin au scalpel. Un voile de brume enveloppe l'ensemble, ajoutant une pointe de mystère et d'inconnu à cette imagerie aux allures de gravure. Au visuel s'adjoint bien évidement l'immersion sonore avec le bruit des sabots sur le pavé suintant, celui de la viande saoule quittant les pubs tant bien que mal et la dansante rengaine des uilleann pipes, flûtes, violons et autres accordéons diatoniques. Difficile de parler d'une simple «reconstitution» tant le film semble nous convier à une véritable visite des lieux.

Mais plus encore que les lieux, c'est la vie (ou l'absence de vie) qui les habite qui rend cette composition unique. La solitude des prostituées battant le pavé contraste là encore avec l'excès d'ivresse qui galvanise les bars. Baker et Berman nous proposent donc de festoyer en compagnie des modestes habitants de White Chapel, mais aussi du «grand monde» incarné ici par le corps médical. L'orgueil dont font preuve ces individus privilégiés n'a d'égale que le dédain et le mépris qu'ils manifestent pour les «petites gens». Le portrait de la société britannique du 19ème siècle est acerbe et particulièrement bien vu. La lutte des classes et la description de modes de vies antagoniques, peu enviables, sont traitées avec zèle et authenticité. A tel point du reste qu'elles prennent le pas sur l'histoire et que bien vite, assassin et policiers passent au second plan pour ne devenir que de bien plats personnages, errant dans un univers hétéroclite voire discordant.

JACK L'EVENTREUR est donc un film curieux qui néglige son sujet principal ainsi que ses premiers rôles et opte pour une approche «sociale» du drame. Jack ne serait-il alors que le produit d'une société divisée, méprisante et haineuse ? Ne serait-il que la matérialisation d'un mal-être généralisé ? La partie visible et abjecte d'un iceberg masquant bien pire encore ? Sans doute. Reste que cette manière d'aborder le sujet déroute et qu'il en résulte un film particulièrement bancal, tant en terme de rythme qu'en terme d'intérêt. La première moitié du métrage s'avère ainsi particulièrement laborieuse alors que la seconde, bien plus plaisante, nous mène crescendo jusqu'à un final des plus marquants. Cette version de l'affaire n'est donc pas celle à privilégier si l'on souhaite assister à une enquête carrée et passionnante. En revanche, l'atmosphère qu'elle dégage, les magnifiques décors de William Kellner ainsi que la photographie et réalisation soignées du duo Baker/Berman valent sans aucun doute une vision attentive.

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LAST ACTION HERO





Danny Madigan est un gamin qui préfère sécher les cours pour se rendre au cinéma le plus proche. Son ami, un vieux projectionniste, lui propose un soir une séance privée du quatrième volet de la saga «Jack Slater». Danny accepte bien entendu cette avant-première exceptionnelle qui lui permettra de découvrir, avant tout le monde, les dernières aventures de son héros favori. A projection exceptionnelle, billet exceptionnel. Danny se voit donc remettre un ticket certifié magique par le grand Houdini lui-même. Les effets ne se feront pas attendre et le jeune spectateur sera bientôt projeté dans le film, au côté du grand Jack Slater, héros invincible qui prendra bientôt acte de son statut purement fictionnel…

LAST ACTION HERO, ce sont les retrouvailles, six ans après PREDATOR, de la plus grande star d'action du moment et du réalisateur qui vient de révolutionner le genre avec PIEGE DE CRISTAL. Arnold Schwarzenegger et John McTiernan sont donc à nouveau réunis pour un projet au titre provisoire évocateur : EXTREMELY VIOLENT. Le titre définitif prendra le relais en nous promettant ce qui semble être LE film d'action ultime. Très vite, la presse s'enflamme et extrapole au point que le blockbuster devient l'un des évènements les plus attendus de 1993 aux côtés du JURASSIC PARK de Spielberg.

Lorsqu'elle arrive sur les écrans, l'œuvre de McTiernan fait l'effet d'une douche froide et colle une magnifique claque à la machine Hollywoodienne dont il est issu. LAST ACTION HERO n'est ni le film d'action tant attendu, ni le spectacle bourrin et violent tant fantasmé. Bien au contraire, nous sommes là en présence d'un métrage parodique qui démonte une à une les ficelles d'un cinéma d'action enlisé depuis plus de dix ans…

Tout y passe, des duos improbables aux héros invincibles en passant par les répliques «clé» nécessaires à tout métrage d'action... Montrés du doigt, ces tics récurrents sont ici transformés en forces et deviennent bien vite sujets à quelques gags bien sentis. En plus de décortiquer le genre, McTiernan s'autorise de nombreuses références via des répliques («Je reviendrai»), des personnages (le chef hurleur rappelant celui de L'ARME FATALE) ou même quelques détournements (Stallone sur une affiche de TERMINATOR). LAST ACTION HERO enfonce encore le clou en offrant à de nombreuses stars la possibilité de figurer très furtivement à l'écran. Robert Patrick (TERMINATOR 2), Jean-Claude Van Damme (BLOODSPORT), Sharon Stone (BASIC INSTINCT) ou encore Tina Turner (MAD MAX : AU DELA DU DOME DU TONNERRE) apparaissent ainsi l'espace d'une poignée de secondes.

Mais en plus d'être une parodie maîtrisée et ultra référentielle, LAST ACTION HERO se paye le luxe d'être une comédie efficace et un film d'action particulièrement nerveux. Mixant allègrement les genres, le métrage accumule les séquences «cultes» pour maintenir un rythme qui ne laissera pas au spectateur le moindre répit. En mettant l'accent sur la banalité d'un genre, McTiernan le transcende et parvient, une fois encore, à surprendre, plan après plan.

La séquence d'introduction de «Slater IV» est à ce titre un parfait exemple. Outrancière et particulièrement drôle, cette poursuite automobile n'en demeure pas moins un véritable monument durant laquelle, explosions et coups de feu viennent s'ajouter au tonitruant «Big Gun» hurlé par un Brian Johnson (troisième chanteur du groupe AC/DC) en pleine forme. Un véritable bonheur bourrin comme seul McTiernan sait (savait ?) les mettre en scène…

Plus subtil, LAST ACTION HERO nous convie par ailleurs à aborder la thématique des univers parallèles/alternatifs avec d'un côté, celui du réel (d'où vient le jeune Madigan) et de l'autre, l'imaginaire (celui de Slater). Le film, scindé en deux parties, transporte tout d'abord un individu réel dans un monde de fiction avant d'inverser la tendance en donnant vie à quelques personnages imaginaires. L'occasion pour l'acteur Arnold Schwarzenegger de se confronter l'espace de quelques répliques au personnage qu'il incarne dans la plupart de ses films. L'occasion encore de pointer du doigt la rudesse du monde réel («Il n'y a que dans un monde comme celui-ci où les méchants peuvent enfin gagner») bien souvent occultée dans les productions Hollywoodiennes, formatées et édulcorées. Notre monde nous sera ainsi très justement présenté comme sombre, pluvieux et désolé, à contrario de l'univers fictionnel qui lui, offre une représentation toute naïve du monde tel qu'on le fantasme (ensoleillé, fantaisiste, juste…). Dans un ultime pied de nez, McTiernan va même jusqu'à attenter à la vie d'un enfant et à celle de son héros. Mais non. Impossible. A Hollywood, enfants et héros ne meurent pas. Danny, reprend donc le rôle occupé par le fils de Slater et survit, effaçant l'affront fait en début de métrage. Encore plus improbable, Slater lui-même voit sa mortelle blessure disparaître miraculeusement une fois de retour dans son univers factice… Le cinéma n'est donc plus qu'une absurde vision de notre réalité, la parodie d'un monde réel tout comme LAST ACTION HERO est la parodie d'un cinéma devenu trop «normé»

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LES MAITRESSES DE DRACULA
BRIDES OF DRACULA






Alors qu'elle se rend dans un pensionnat de jeunes filles, une jeune institutrice est «oubliée» par son cocher dans un petit village isolé de Transylvannie. La Baronne Meinster lui propose de l'héberger dans son château jusqu'au lendemain où elle pourra alors reprendre son voyage...

Après FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE!, la Hammer Film va rapidement produire une suite aux aventures du fameux scientifique. Mais, étrangement, le personnage de Dracula va rester dans son cercueil même si LE CAUCHEMAR DE DRACULA produit un effet aussi tonitruant dans les salles à travers le monde. Premier handicap au retour du prince des ténèbres dans les salles, Christopher Lee est peu enclin à montrer de nouveau ses canines proéminentes sur un grand écran. Selon certaines sources, il aurait préféré s'orienter vers d'autres rôles alors que pour le producteur Anthony Hinds, il aurait été plutôt question d'un différent financier. Pourtant, un scénario intitulé, faute de mieux, DRACULA II est écrit durant l'année 1959 mais celui-ci ne sera jamais tourné en l'état. Ce scénario de Jimmy Sangster va être adapté par Peter Bryan et Edward Percy de manière à supprimer le personnage de Dracula et le remplacer par un autre vampire. LES MAITRESSES DE DRACULA va connaître, lui aussi, quelques modifications entre son scénario d'origine et ce qui va être réellement filmé. Par exemple, le final prévu à l'origine montrait Van Helsing pratiquer des rites occultes et même invoquer une nuée de chauve-souris de l'enfer pour se débarrasser de son ennemi d'outre-tombe. Cet épilogue spectaculaire est donc absent du film de Terence Fisher mais fera son apparition un peu plus tard dans LE BAISER DU VAMPIRE de Don Sharp.

Privé de Dracula, la production n'hésite pourtant pas à titrer le film en utilisant le nom du célèbre vampire. Le problème est rapidement résolu par un prologue où on nous explique que Dracula a donc laissé des disciples derrière lui. A la place de Christopher Lee, il est donc choisi de prendre un acteur complètement différent. Bien que David Peel ait quasiment le même âge que Christopher Lee, l'acteur va interpréter un vampire plus juvénile. Une façon de placer le mal à l'état brut dans une enveloppe charnelle plus innocente. A cet effet, on pourra faire un lien évident avec le film suivant de Terence Fisher, LES DEUX VISAGES DU DOCTEUR JEKYLL, où le mal prend le visage attirant de la beauté. L'image du bel aristocrate décadent revient d'ailleurs beaucoup dans les films produits par la Hammer (UNE MESSE POUR DRACULA, LES SEVICES DE DRACULA, le prologue du CHIEN DES BASKERVILLES...). Dans LES MAITRESSES DE DRACULA, si le vampire est un homme séduisant qui cache un véritable animal, la connotation sexuelle du film est résolument affichée. Mais ce n'est pas forcément lié au seul personnage du Baron qui s'attaque à toutes les proies y compris sa propre mère. Le sous-texte déborde carrément sur d'autres vampires qui y marquent clairement leurs propres ambivalences. Ainsi, l'amie de l'institutrice lui demande pardon de s'être abandonnée au vampire mais lui propose juste après de venir les rejoindre pour s'aimer ensemble. On ne sait plus trop s'il s'agit véritablement d'une soif de sang ou de pulsions fort différentes qui guident nos créatures de la nuit.

Les réécritures du scénario se sentent énormément à la vision du film. On pourra ainsi y noter des revirements un peu tirés par les cheveux ou des passages peu cohérents. Par exemple, les fameuses maîtresses du titre sont réduites à l'état de spectatrices. Bel et bien présentes dans le dernier acte, elles n'agissent plus du tout que ce soit en s'attaquant à Van Helsing ou bien en essayant de s'échapper. On pourra être aussi surpris par la façon dont est traitée le personnage de la Baronne. Hautaine et manifestement maléfique, lors d'un repas on nous refait même une allusion, comme dans LE CAUCHEMAR DE DRACULA ou encore le DRACULA de Tod Browning, qui laisserait entendre qu'elle puisse être une vampire. Pourtant, dans la suite du récit, son personnage va changer étrangement passant de l'aristocrate manipulatrice au rôle de mère désespérée. LES MAITRESSES DE DRACULA n'est assurément pas le film le plus cohérent, du point de vue de son intrigue, produit par la Hammer Film.

Mais ces problèmes d'écritures n'entachent pas vraiment la vision du film. Cette production est, en effet, toujours d'un très haut niveau. Il est d'ailleurs bon de rappeler que si Terence Fisher tient la barre, LES MAITRESSES DE DRACULA est une nouvelle fois la combinaison d'une équipe qui aura fait des merveilles à de nombreuses reprises. Jack Asher s'occupe des images très travaillées au niveau des couleurs et Bernard Robinson signe les décors. Il est bon aussi de noter que pour ce film, la production ne lésinera pas sur les dépenses puisque pas mal de décors seront fabriqués spécifiquement et ils resserviront, comme à l'habitude du studio, sur les productions suivantes. Bien évidemment, on trouve en tête d'affiche Peter Cushing dans le rôle de Van Helsing. Après avoir débarrassé, une première fois, le monde de Dracula, il s'attaque à un nouveau vampire avec toujours la même énergie. Les empoignades entre les deux ennemis sont rapides et brutales jusqu'à un dénouement magnifique. La mise à mort du vampire étant véritablement inventive et visuellement superbe. Comme beaucoup de films gothiques, LES MAITRESSES DE DRACULA termine dans les flammes ce métrage d'épouvante techniquement très soigné !

Suite aux MAITRESSES DE DRACULA, Terence Fisher et la Hammer vont connaître quelques revers successifs qui n'ont pourtant rien à avoir avec la qualité des oeuvres mises en boîte. Ainsi, LES DEUX VISAGES DU DOCTEUR JEKYLL, LA NUIT DU LOUP-GAROU puis LE FANTOME DE L'OPERA ne vont pas rencontrer le succès escompté par la maison de production britannique et ses financiers. De son côté, David Peel, le vampire du film, va quitter les planches et les caméras, après une courte carrière, pour se recycler dans la vente d'antiquités. Son rôle le plus marquant restera donc celui d'un baron qui abuse les femmes grâce à son joli minois pour mieux les vampiriser sauvagement !

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En Afrique, Jill Young adopte un bébé gorille. Quelques années plus tard, la petite fille a grandi et est devenue une jeune femme alors que son bébé s'est transformé en un gigantesque gorille !

Déçu de ne pas réussir à monter un film épique et aérien, Merian C. Cooper change d'optique et décide de produire un nouveau film dans la veine de KING KONG. Avec sa maison de production, fondée avec John Ford, il va donc se lancer dans MR JOSEPH YOUNG OF AFRICA dont le titre deviendra finalement MIGHTY JOE YOUNG. Pour les effets spéciaux, il fait inévitablement appel à Willis O'Brien avec qu'il a déjà travaillé auparavant notamment sur KING KONG ou

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